Je pense à toi, maman

Poésie parue dans le journal « SIENG SITHANDONE SAMPHANH », 24 Mars 1989

Flamboyant

Arbre Le flamboyant, peint par Marc Leguay.

Je pense à toi, à la fois si lointaine et si proche,
Toi, si rayonnante de générosité et d’amour,
Toi, si patiente toujours à l’écoute de la souffrance des autres.
Sans toi, je suis comme une fleur sans soleil,
Sans toi, je suis comme un oiseau blessé,
Qui cherche à cicatriser ses blessures.
La souffrance de notre séparation m’a aidée à grandir,
Mais j’ai mal, et j’étouffe de tant de solitude, Maman.

Read More

SOMPHATHAY, le bonheur est si simple

Poisson Yin YangIl est à portée de la main, ce bonheur que l'on capture au vol comme un papillon. Ces moments de bonheur exquis, unique, éphémère que l'on savoure comme un moment d'éternité, comme les souvenirs de jeunesse.

SOMPHATHAY, ton nom partage ma vie et mon intimité depuis 25 ans, il reflète ta personnalité et sans doute ton destin. Somphathay signifie les « vœux exaucés »

S comme Sagesse, Sérénité, Sourire qui sont le reflet de ta personnalité, calme et posée. Tu as su apaiser mon angoisse et mes tourmentes. Selon l'astrologie chinoise, tu es né sous le signe du Serpent, ce serpent sensuel, sensible et secret, ton sourire et sa charmante petite fossette m'ont séduite

O comme ouverture d'esprit. Tu aimes les voyages, la découverte d'horizons nouveaux, l'évasion au bord du sable fin sous les cocotiers.

Read More

A la mémoire de notre Grand–Père

La vie est fragile, à l’image de la rosée délicatement suspendue aux herbes en gouttelettes de cristal qu’emporte la première brise du matin le 8 Juillet 2005. La bougie de ta vie s’est éteinte doucement, lentement, sans déranger personne. Tu es parti comme tu as vécu, paisiblement.

Opposé à l’acharnement thérapeutique, tu ne voulais plus t’accrocher à la vie à tout prix, à n’importe quel prix, au prix de la dépendance et du handicap. Au contraire, tu aspirais et tu te préparais à mourir en paix entouré de l’Amour des tiens .Tu avais atteint l’évolution spirituelle d’un Sage Bouddhiste qui considère que la vie et la mort ne sont que des changements d’états énergétiques, intimement entremêlés dans le cycle perpétuel du Samsara.

Ta santé fragile t’a appris à te préserver des excès, à accepter avec humilité l’impermanence des choses de la vie, à te détacher des futilités. Tu préférais écouter plutôt que parler, ressentir les émotions plutôt que de les exprimer, car tu étais ce sage au grand cœur, pudique, réservé qui ne voulait ni déranger, ni faire de mal, qui aimait les autres au-delà de lui-même. L’amour inconditionnel et fusionnel de notre Grand–Mère Boun Gnong t’a vénéré, soutenu, porté, protégé jusqu’à ton dernier soupir. Son intelligence intuitive était ton meilleur médecin. Dans le silence de la vérité de son cœur aimant et chaleureux, elle a su détecter tous les dangers qui menaçaient ta santé. Je pense qu’elle a beaucoup contribué à ta longévité exceptionnelle malgré ta santé au départ si fragile.

Read More

Poème méditation : C’est comme un arc-en-ciel

Ecrit par le Lama Guendune

Arc--en-ciel

Le bonheur ne se trouve pas avec beaucoup d’effort et de volonté, mais réside là, tout près, dans la détente et l’abandon. Ne t’inquiète pas, il n’y a rien à faire. Tout ce qui s’élève dans l’esprit n’a aucune importance, parce que n’a aucune réalité.

Ne t’y attache pas. Ne juge pas. Laisse le jeu se faire tout seul, s’élever et retomber, sans rien changer, et tout s’évanouit, et recommence à nouveau, sans cesse. Seule cette recherche du bonheur nous empêche de le voir.

C’est comme un arc-en-ciel que l’on poursuit sans jamais le rattraper. Parce qu’il n’existe pas, et a toujours été là, et t’accompagne à chaque instant. Ne crois pas à la réalité des expériences bonnes ou mauvaises, elles sont comme des arc- en-ciel.

A vouloir saisir l’insaisissable, on s’épuise en vain. Dès lors qu’on relâche cette saisie, l’espace est là, ouvert, hospitalier et confortable. Alors profites- en. Tout est à toi, déjà. Ne cherche plus. Ne va plus chercher dans la jungle inextricable. L’éléphant est tranquillement assis à la maison. Rien à faire. Rien à forcer. Rien à vouloir. Et tout se fait tout seul.

Read More

Souvenir d’un enfant de Sithandone

Enfant du LaosMon Père m'a fait découvrir et transmis la passion pour ces iles dispersées à travers la province de Sithandone comme un collier de perles fines. SITHANDONE signifie la province des Quatre Mille Iles. Nous les visitions en canöe à moteur, une par une sans exception. Ces iles s'appellent Done Say, Done Sanh, Done Deth, Done Deng, Done Hi, Done Phimane et bien d'autres encore comme Done Sang Phai, Done Khamao, Done Somphou, Done Long, Done Lopadi. La musique de leurs noms si poétiques berce encore mon cœur d'enfant d'une mélodie nostalgique que chantent si bien les " Mô Lam de Sithandone".

Done Khong en particulier est douée d'un mystère envoûtant qui lui donne des vibrations magiques. Ma mémoire d'enfant s'est imprégnée du parfum du riz fraichement récolté et des fleurs de gardénias que les femmes offrent au Bouddha les jours saints de pleine lune. Réveillée par le chant lointain du coq ou le cri lugubre du corbeau, je méditais chaque matin sur la véranda de mon grand-père tournée vers le Mékong.

Enveloppée par le silence de l'aube, je me sentais proche de la sérénité divine, celle qui vous montre la vérité du cœur. Mes yeux sont encore remplis de la vision nostalgique du crépuscule chatoyant sur les flots tumultueux du Mékong. Les plongeons dans les eaux limoneuses du fleuve en crue au mois d'août sont mes souvenirs de vacances les plus croustillants. Les enfants parcourent l'ile en vélo, à la découverte de grottes cachées ou à la recherche du murmure cristallin des ruisseaux descendant des montagnes.

Read More

Réflexions philosophiques : Avoir et Etre

BouddhaLa civilisation occidentale est une culture de l’action, c’est l’objectif qui donne un sens à la vie, la vie est centrée autour du travail, réussite matérielle, position sociale. Le but de la vie est d’atteindre des objectifs, chaque étape de la vie est marquée par des réalisations pour aller toujours plus loin, plus haut, plus grand. La satisfaction de la vie est basée sur la compétition, la concurrence, la conquête, la performance, la réussite, la perfection. Le but de la vie est d’avoir, de posséder. « Quand on a, on est », ce concept occidental laisse une très grande place à l’individu et à sa capacité de maitriser son destin. C’est un modèle linéaire qui prône la culture de l’avoir.

La civilisation orientale est fondée sur « le modèle d’être », ce modèle circulaire sans commencement ni fin est en changement permanent. Pour l’individu, le sens de la vie n’est plus le but mais le voyage de la vie elle- même. Ce qui compte c’est d’être en chemin et non d’arriver à destination, la concurrence n’existe pas, il n’y a pas de jugement. C’est un modèle d’acceptation de soi et des autres qui vous permet d’atteindre la paix et l’équilibre de la force intérieure. « Quand on est, on a »

Read More

L'engagement humanitaire ou le pouvoir de servir

Article publié dans le journal de l’association Soutien aux réfugiés laotiens en décembre 1993.

OffrandesInexorablement, 18 années d’exil ont fini par creuser une génération d’écart entre la nostalgie du Laos d’hier et les réalités du Laos d’aujourd’hui, telles les vagues de la mer repoussant l’embarcation loin du port d’attache. Mais inlassablement, resurgit du fond de ma nostalgie cette recherche éperdue de mes racines. Au fond de moi même, brûle encore cette petite flamme qui s’appelle conscience.

Conscience et prise de conscience d’appartenir à une tradition, de partager une culture, de transmettre un héritage, trois symboles de valeurs morales et spirituelles sauvegardant l’âme d’un peuple.

Enclave dans la péninsule Indochinoise : le Laos vit dans sa destinée d'Etat tampon

Le plus petit Etat de l’Asie du Sud Est par sa population (4,2 millions d’habitants), et par sa superficie (236 800 km2), le Royaume du Million d’Eléphants et du Parasol Blanc est une terre de communication entre deux mondes. Au Nord et à l’Est du Mékong, deux pays de culture chinoise : la Chine et le Vietnam. A l’Ouest le Laos a subit comme la Birmanie, la Thaïlande et le Cambodge, l’empreinte de la culture indienne grâce au Bouddhisme. Terre de convergence de deux cultures qui s’interpénètrent harmonieusement pour créer l’identité de la Nation lao, une mosaïque d’ethnies, de dialectes, qui ont fait la richesse du pays malgré sa diversité.

Read More

A la mémoire de notre Grand-Mère

Au nom de toute notre famille, je tiens de cœur à donner un dernier hommage à la mémoire de notre Grand-Mère adorée, Boun Nhong Souvanlasy-Abhay.

Par une froide matinée du 28 mars 2013, alors que l’hiver rigoureux tardait à se retirer, les bourgeons des arbres timidement avaient peine à éclore …Et la bougie de la vie de notre Grand-Mère s’est éteinte à l’âge de 89 ans dans la paix, sans souffrance, après le long au revoir qui était sa maladie d’ALZHEIMER. L’assombrissement puis l’effritement de sa mémoire a duré les trois dernières années de sa vie. Une mort sans regret, ni remords, après une vie accomplie dans tous les domaines et dans tous les sens du terme.

Grand-Mère était la fille ainée de son Excellence Kou Abhay, Prince gouverneur de l’ile de Không et conseiller politique du Roi Sri Savang Vathana. Orpheline très jeune de sa mère Nang Khamphiou Sananikone, elle était aimée et protégée par son Père, qu’elle vénérait comme son dieu vivant. Entre le père et sa fille, il y avait un amour quasi fusionnel, construit sur la compensation réciproque de l’absence de la femme et de la mère aimée.

Read More

La ménopause, le second printemps de la Femme

Extrait du livre d’Elizabeth Rochat de la Vallée, « les Entrailles Extraordinaires » édition Monkey Press. Extrait du livre du Docteur Souvanlasy Manola, « la médecine énergétique chinoise intégrée à la médecine fonctionnelle et nutritionnelle occidentale, le pont entre l’orient et l’occident » édition Dangles.
Article paru dans le journal « Mot à mot » des laboratoires Motima le 17 février 2013.

Ménopause Selon les textes classiques de la médecine traditionnelle chinoise (Su Wen chapitre1), la ménopause n’est pas une maladie mais une étape de la vie de la Femme au cours de laquelle les menstruations s’arrêtent et la fécondité s’épuise. La ménopause survient autour de 49 ans. C’est l’âge de la maturité où la Femme n’est plus très jeune mais pas encore tout à fait vieille! Arrivée au sommet de la courbe de sa vie, elle accepte enfin de poser ses bagages pour faire le bilan de sa vie : « Qu’ai-je réalisé durant ces cinquante années? Est-ce que ma vie a un sens ? Quel sens ai-je donné à ma vie ? Durant les prochaines années qui s’ouvrent devant moi, quelle mission me reste-il à accomplir pour continuer à leur donner encore un sens ? ».

Read More